Une jeune romancière, qui n’est pas d’origine européenne, m’a écrit ces jours-ci à propos du livre de Millet et de la tiédeur des réactions du milieu littéraire : ” Comme je me sens, moi et mes enfants, visée par ces attaques contre le multiculturalisme et le métissage, je me dis que si ces idées devaient prendre corps et réalité, nous serions bien seuls. ” Il est encore temps d’agir afin que n’advienne jamais cette réalité, et pour commencer, d’appeler un chat un chat et l‘“Eloge littéraire d’Anders Breivik” un pamphlet fasciste qui déshonore la littérature.
— Annie Ernaux, écrivaine, dans Le Monde

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