Un artiste qui disparaît, c’est bien triste. Mais c’est aussi l’occasion inattendue de se replonger dans son œuvre. Je ne parle pas de feu Patrick Ricard (et du moyen de noyer son chagrin), mais de Martine Franck, morte ce week-end à l’âge de 74 ans.

Elle fut pendant trois décennies l’épouse de Henri Cartier-Bresson.

Le génie photographique de son mari, de trente ans son aîné, n’a jamais tari le talent de Martine Franck qui tout au long de sa carrière a offert des images sensibles de paysages et des gens qu’elle aime.

Parmi ces images, les seules où l’on peut voir que HCB savait sourire.

Un petit livre rouge sobrement intitulé “Henri Cartier-Bresson photographié par Martine Franck” avait été édité en 1998 par le Milanais ami du couple, Franco Sciardelli. Si je devais choisir un seul des beaux livres de la bibliothèque, c’est celui-ci que j’emporterais. Et comme souvenir, l’exposition du Musée de la vie romantique qui avait accueilli il y a dix ans tout juste une centaine de photographies de la disparue, dessinant comme un autoportrait d’elle.

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