On l’avait délaissé sur un malentendu, quand, à l’orée des années 1990, le succès frappait chacun de ses disques. On ne le suivait plus que de loin en loin, au gré de la fulgurance des chansons écrites avec l’écrivain Philippe Djian (“Déjeuner en paix”, “Tu ne me dois rien”, “Des hauts, des bas”, “Ni remords, ni regrets”).

Il a fallu attendre 2012 pour que la magie des premières “Chansons bleues” de Stephan Eicher resurgisse. À l’écoute du titre “Le Sourire” sont réapparus l’évidence poétique, la voix chaude, unique, les arpèges de guitare, les arrangements de cordes. Sur l’album, il est d’autres sommets, comme “Dans ton dos”, l’émouvant “Tout doit disparaître”, “Tous les bars” et sa basse haletante.

Le Suisse qui a élu domicile en Camargue signe là le plus beau disque de langue française de l’année. Soit douze chansons dans un livret illustré par des artistes canadiens qui ont choisi un renard chantant dans une barque en guise de couverture. Et ce titre : “L’envolée”. Celle d’un artiste au sommet de son art qui nous fait littéralement décoller.

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