Peter Sagan mimant Forrest Gump à l’arrivée à Boulogne-sur-Mer.

Allez savoir pourquoi, mais cette année, contrairement aux autres années, les échappés avalés dans les derniers kilomètres de l’étape ne m’inspirent plus pitié. Je m’en amuse. On peut dire ce qu’on veut des sprinteurs, ce sont quand même de sacrés coureurs !

Dans sa chronique quotidienne pour Le Monde, Jean-Christophe Péraud (dossard 71) décrit bien “cette caste à part” du peloton :

“Le sprint requiert des fibres musculaires rapides qui permettent de développer un maximum de puissance pendant un temps relativement court, de 15 à 20 secondes. […] C’est aussi et surtout une attitude de gens qui ne réfléchissent pas, font le vide, quoiqu’il leur arrive.

“Il y a plusieurs profils de sprinteurs. Il y a ceux qui préfèrent les sprints en fin de course. Certains sont plus agiles, d’autres développent plus de force pure. Dans tous les cas, ils doivent se faire respecter du peloton et avoir un caractère agressif. Le sprinteur fait partie d’une caste.”

“Vers la fin de la course, ceux qu’on appelle les poissons-pilotes font rouler le peloton en essayant d’empêcher une échappée des équipes adverses. Généralement, dans les derniers 200 mètres, leur travail consiste à mettre leur sprinteur dans les meilleures dispositions possibles pour le lancer vers la ligne d’arrivée où il tentera d’exploser. C’est, par exemple, la tactique adoptée par les coéquipiers de Mark Cavendish, qui, sans manquer de respect aux autres coureurs, est actuellement le meilleur au monde dans ce domaine.”

“Le sprint final est un moment dangereux où les chutes sont spectaculaires car les cyclistes sont lancés à grande vitesse dans des portions serrées. A eux d’en faire abstraction, sinon ils ne prendraient jamais tant de risques.”

Peter Sagan, 22 ans, est peut-être aussi pour quelque chose dans ce renversement des sentiments. Un garçon capable de faire inscrire sur son vélo “Tourminator”, ça force le respect. Il mime Forrest Gump sur la ligne d’arrivée et explique pourquoi : “À Forrest Gump, on demandait de courir et il courait. À moi, on me demande de gagner et je gagne”.

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