Nous ne sommes plus ici à un excès près. Après Blur mieux que les Beatles hier, voici l’iPhone, Leica d’aujourd’hui.

Quand dans les années trente, Henri Cartier-Bresson s’est emparé d’un appareil photo Leica doté d’une pellicule au format étriqué comparé à la chambre, nombreux sont ses confrères qui l’ont regardé avec mépris.

Dans la biographie que Pierre Assouline consacre à HCB, voici ce qu’il écrit au chapitre “L’artiste à la recherche de son instrument” :

“En lui autorisant le mouvement, le Leica permet au photographe d’aller là où il n’aurait pas osé aller, et à en rapporter des vérités insoupçonnables car inaccessibles. L’air de rien sinon d’un jouet, le petit appareil modifie notre vision du monde”.

“Le Leica sera son compagnon de route, le calepin de croquis d’un dessinateur taraudé par le doute qui y gagne en assurance, et l’indispensable carnet de notes sans lequel ses images seraient restées enfouies dans une mémoire infidèle. Dès le début, Cartier-Bresson considère son Leica moins comme un appareil apte à donner de belles images que comme un compteur Geiger-Müller destiné à enregistrer la vie dans ses manifestations les plus souterraines. Ce passe-muraille donne la sensation de ne pas déranger l’ordre naturel des choses car il privilégie l’instant silencieux”.

Remplaçons “Leica” par “iPhone”. Miracle, rien ne choque !

Les Jeux Olympiques de Londres apportent une nouvelle preuve de l’efficacité photographique de l’iPhone. Un photographe du Guardian (un journal de référence au Royaume Uni), Dan Chung, couvre les épreuves muni du 4S. Histoire de varier les angles, il y ajoute parfois des bonnettes fish-eye ou télé. Le résultat est spectaculaire, à voir ici (ou en cliquant sur la photo).

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