Je le confiais il y a quelques jours : le Courrier de l’Ouest m’a demandé de m’intéresser aux dessous chics. Où l’on voit que le métier de journaliste n’est pas de tout repos. L’occasion donc de redécouvrir les leçons de séduction d’Aubade et de rencontrer une Lavalloise qui fait le commerce des soutiens-gorge et petites culottes. La jeune femme est passionnée de lingerie depuis toute petite. Elle a donc succédé à sa mère pour conseiller dames et messieurs.

Voici l’article publié dimanche :

Haute comme trois pommes, Cathy Chevalier avait fait des cabines d’essayage du magasin de maman son terrain de jeu. « Avec ma sœur, nous avons grandi au milieu des soutiens-gorges et dans la dentelle », sourit-elle. « Les vendeuses étaient mes nounous. Maman faisait la marque Dior. Il y avait du satin, du strass de Swarovski. Tout cela m’éblouissait. »

Une trentaine d’années plus tard, en 2008, quand Cathy a repris l’affaire familiale, inutile de dire qu’elle n’a pas eu besoin d’une remise à niveau. « Tout est revenu. Comment on règle le dos d’un soutien-gorge, la tension des bretelles… C’est fou comme j’observais maman et les vendeuses. »

À 31 ans, elle venait d’abandonner son métier de comptable pour le commerce de la dentelle.

Cinquante parures dans son grand tiroir

Pendant les années qu’elle a passées éloignée du magasin, Cathy n’a pas abandonné sa passion pour les belles parures. Elle est incapable de se souvenir d’un matin où elle aurait enfilé une culotte qui ne va pas avec le soutien-gorge. Sans un ensemble des meilleures maisons françaises de la lingerie, on comprend qu’elle se sentirait toute nue. Et n’allez pas lui dire que pourtant ça ne se voit pas ! « Mais c’est la lingerie qui dessine la silhouette ! Je le vois tout de suite quand une femme porte des dessous qui ne conviennent pas. »

Cathy n’a jamais fait le compte, mais elle estime à une cinquantaine le nombre de ses parures dans le grand tiroir qui leur est réservé. Elle en change tous les jours, en fonction des habits qu’elle porte.

Dans la boutique Ariane, une institution vieille de plus de 70 ans à Laval (Mayenne) qui s’est d’abord appelée Aux mille corsets, Cathy transmet sa passion de la dentelle à ses collaboratrices comme à ses clientes et clients.

« Je suis très à l’aise. Ça peut m’arriver de sortir dans la rue un soutien-gorge à la main pour voir sa couleur à la lumière du jour. » La jeune femme tient aussi à donner un petit air coquin à sa vitrine. Comme un hameçon pour les hommes.

Elle n’est pas du genre à piquer un fard après une demande quelque peu incongrue, dans le genre slip ouvert, ou lorsque deux copines éclatent de rire en cabine lorsque l’une d’entre elles se rend compte qu’elle ne porte rien sous sa mini-jupe. Elle se souvient quand même avoir ri jaune et fait déguerpir le malotru qui lui a demandé conseil derrière le rideau où il était nu comme un ver, alors qu’il prétendait essayer un maillot de corps.

Avec un peu plus de temps, elle pourrait aussi ouvrir un musée. Car Cathy ne jette rien. Dans les coulisses de la boutique, on retrouve ainsi quantité d’affiches des plus grandes marques, d’Aubade à Chantelle en passant par Lise Charmel.

Cathy a un garçon et une petite fille, Amélie. Qui elle aussi en pince pour la dentelle. « Un jour je l’ai retrouvée dans une cabine. Elle essayait d’enfiler une culotte par-dessus sa couche ! » Signe que la relève est assurée ?

Comment