Avec les Google Glass, Google vient aussi d'inventer les lunettes qui ne se plient pas !

Si les Google glass connaissent le succès, préparons-nous dès maintenant à avoir un air bizarre. Avec l’iPhone, Apple avait introduit le glisser de doigt sur un écran tactile en 2007 ; le geste est aujourd’hui universellement partagé. Google va devoir imposer le petit coup de tête en arrière, car c’est ainsi que l’on extirpe du mode veille les lunettes sans carreaux que j'ai pu tester en avant-première.

Moyennant 1500 dollars (1090 euros), l’entreprise angevine 1789.fr et son co-dirigeant Abdel Tamrane, expert Google, se sont offert un prototype pour la phase de test, menée au niveau mondial. 10 000 lunettes connectées de Google circulent à travers le monde, 20 seulement en France, selon Abdel Tamrane.

La boîte blanche, très sobre, est posée sur le bureau. A l’intérieur, une monture couleur acier sans verres, équipée d’un prisme d’un centimètre cube. L’électronique est ramassée derrière, tout le long de la branche droite. La batterie est logée à l’extrémité.

Pour communiquer avec ses lunettes, on peut aussi tapoter la branche.

Pour communiquer avec ses lunettes, on peut aussi tapoter la branche.

Première surprise : alors que je pensais que les Google glass fonctionnaient toutes seules, je découvre qu’elles doivent être connectées via le Bluetooth à un smartphone. Pour une raison simple : Google ne veut pas tendre le dos à la critique en collant au plus près du cerveau un récepteur 3G, suspecté de griller des neurones.

Me voilà équipé. Première chose : apprendre à parler à ses lunettes. En anglais qui plus est, car, pour l’heure, les Google glass ne sont pas polyglottes. 

Pour commencer, dire « OK Glass ». Facile. Pour prendre une photo, baragouiner « take a picture ». Avec l’accent, ça ne marche pas à tous les coups… C’est fait. Le cadrage est bancal, mais la photo est prise. Prête à être envoyée par mail. Dire alors « send a message to » pour « envoyer un message à… » en ajoutant le nom de l’interlocuteur via le carnet d’adresses qui défile.

Autre geste auquel il va falloir s’habituer : chatouiller sa branche. Elle est tactile et permet d’avancer dans les menus proposés dans la lucarne. 

L’image qui s’affiche dans le coin droit n’est pas des plus glamours, très dépouillée. La visionner exige quelques aptitudes en gymnastique oculaire. Possible aussi que votre interlocuteur, confronté à votre œil torve, vous regarde de travers à son tour. Il apercevra aussi, au travers du prisme un éclat lumineux trahissant votre activité sur internet, ou le fait que vous le filmez.

Pour cette découverte, Abdel Tamrane a réservé une surprise : il brandit un panneau écrit en russe. Les Google glass passent à l’action et renvoient le même panneau avec, à la place des mots en russe, la traduction en anglais. Confondant. L’expert angevin pense que les Google glass pourront s’imposer dans le secteur du tourisme. Dotées d’un GPS, elles sont déjà en mesure de guider le marcheur d’un point à un autre.

Mais tout reste encore à inventer. C’est tout l’enjeu des services de recherche et développement : concevoir des applications qui feront de ces lunettes ultra-modernes un outil incontournable pour les professionnels comme pour les particuliers.

Question : faut-il le souhaiter ? Les Google glass n’échappent pas au sort réservé à tous les nouveaux objets connectés. Elles effraient déjà. Les détracteurs voient en elles un outil pour violer la vie privée, capables de livrer le profil Facebook de n’importe quel individu croisé dans la rue, sur la base de la reconnaissance faciale. Les défenseurs, Google en tête, soulignent que « les accusations étaient les mêmes lorsque les premiers appareils photos sont apparus au XIXe siècle. »

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