Léa Seydoux (par Mario Sorrenti) moitié couverte en couverture. Dessous des textes inspirés et de chouettes photos de Terry Richardson, entre autres. A côté, ce qui n'est pas une autobiographie de Daniel Filipacchi.

La première fois que j’ai vu et pas lu Lui, plutôt reluqué, c’était Chez Duval, coiffeur pour hommes à Laval. Je devais avoir entre 12/13 ans. Une pile était posée sur la table devant moi qui attendait gentiment qu’on me rafraichisse les douilles. Ni vu, ni connu (du moins le pensais-je, car qui sais si le patron n’était pas complice de l’innocent dévergondage) je tournais les pages et découvrais éberlué les jolies filles pas farouches devant les objectifs. J’avais évidemment le cœur qui battait la chamade et des fourmis où l’on devine.
C’était la première et la dernière fois, avant hier, que je me penchais sur la mythique revue. Quand Frédéric Beigbeder fit savoir qu’il rouvrait la boutique fondée par Daniel Filipacchi en 1963, je repensai, ému, à la découverte fugace que j’en fis au tout début des années 1980. Au-delà des fesses et des poitrines, je n’avais pas mesuré que ce qu’il y avait aussi couché sur le papier glacé, c’était aussi le jus de fins lettrés. Rédacteur en chef : Jacques Lanzmann ; François Truffaut tenait la rubrique cinéma.
Je n’ai pas été déçu par les pages ressuscitées aux premiers jours de septembre. Beigbeder pour diriger la rédaction et tenir la plume, c’est pile celui qu’il fallait. Son édito donne la mesure de ce qui suit.
Comparons donc sa phrase avec celle d’un autre lanceur de magazine luxueux en 2013, Michel Denisot, directeur de la rédaction de Vanity Fair. Soyons équitable et ne trions pas. Dans les deux cas il s’agit du dernier paragraphe de leur avant-propos.
Michel : « La plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie professionnelle est entre vos mains. Nous vous confions le soin de lire les premières pages d’une aventure qui sera — nous le voulons — aussi longue et fructueuse que celle de nos glorieux oncles d’Amérique. “Enjoy” comme on dit chez eux. »
Frédéric : « Ce mammifère viril et romantique, obsédé par les femmes et ami des gays, insupportable et sexy, luxueux et paysan, festif et littéraire, c’est à lui (et à ses quelques admiratrices incurables) que ce magazine est dédié. »
Alors, c’est qui le mieux ?

PS : Tout ça m’a donné envie d’en savoir plus sur Daniel Filipacchi (c’est lui qui parle dans l’interminable morceau générique du dernier album de Christophe). J’entame donc son « Ceci n’est pas une autobiographie » au devant duquel on le voit gamin dans la cabine d’un photomaton.
L’automne s’annonce plaisant.

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