Dessin : Miles Hyman (dans le Mag de Libération du 9 mars).

Jean-Marc Roberts revient dans la lumière crue de l’actualité par l’entremise du scandaleux récit de Marcela Iacub sur DSK. C’est lui qui était à la manœuvre pour la collection Bleue qu’il dirige chez Stock. Les dernières aventures de l’éditeur au flair légendaire – c’est lui qui propulsa Christine Angot sur le devant de la scène littéraire en 1999 avec « L’Inceste ») – ont beau susciter la désapprobation, je reste sous le charme de celui qui affirme : « J’aime bien énerver les autres »… Dans la longue interview accordée au Mag de Libération le 9 mars, je lis encore que dans son dernier livre « Deux vies valent mieux qu’une », il tient « aussi légèrement que possible » la chronique du cancer qui le ronge. Un dessin illustre l’entretien ; en une, une photo. Elle date d’avril 2011. Elle date d’avril 2011. Comprendre que le physique s’est dégradé avec la maladie ?

Le tempérament frondeur est resté intact, lui, notamment contre ceux qui lui sont tombé dessus après l’affaire Iacub : « A cette gauche qui prétend savoir ce que c’est que la littérature, puisque la littérature c’est forcément elle ! Des gardiens du temple, d’un mausolée… Ils me prennent pour un infiltré, ils n’ont pas tort, et ça, ça les rend dingues ». Il dit aussi : « Comment faire oublier qu’on n’est pas si bon que ça ? Je ne suis ni un éditeur important ni un romancier important. Il a fallu faire avec, faute de mieux. Il a fallu apprendre à glisser, et la musique de variétés m’a beaucoup aidé à glisser ».

Dans la bibliothèque, je retrouve deux livres de Jean-Marc Roberts : « Toilette de chat » et « Je te laisse », au Seuil. Deux petits volumes qu’il faut relire où se mêlent histoire personnelle et invention. Dans Libération, Sylvain Bourmeau décrit « Deux vies valent mieux qu’une » : « Un livre à part qui ressemble heureusement beaucoup à ses précédents. Fait d’abord d’élégance et d’intelligence aussi. L’air de rien, comme d’habitude. Le genre de livre qui vous hante comme seuls quelques rares chansons possèdent le pouvoir de le faire ». L’air de rien.

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