Pas décidé à lâcher le manche

Paul McCartney. « Egypt Station » (Capitol)

 Sir Paul McCartney, 76 ans, éternellement jeune. Photo Mary McCARTNEY

Sir Paul McCartney, 76 ans, éternellement jeune. Photo Mary McCARTNEY

Quand Paul McCartney ne se produit pas dans les stades pour chanter les chansons des Beatles, des Wings ou les siennes en solo, il passe le plus clair de son temps en studio pour ajouter mélodies et nouveaux textes qui continuent de jaillir de sa créativité jamais tarie.

Quand d’autres lâchent le manche faute d’inspiration ou parce que les droits d’auteur font suffisamment bouillir la marmite, lui garde les mains agrippées à tous les instruments et démontre, quoi qu’on en dise, que son génie mélodique est intact.

Ce nouveau disque - dont il signe aussi les illustrations de la pochette ! - a été en grande partie produit par Greg Kurstin (producteur de Beck, Foo Fighters, Pink, Adele ou encore Lily Allen). Celui-ci ne tarit pas d’éloges sur son vénérable maître. Et confie dans une interview au magazine Rolling Stone : « J’ai beaucoup appris à son sujet. J’aime qu’il repousse constamment ses limites. J’ai été impressionné par ses talents de compositeur. Plusieurs de ses progressions d’accords m’étaient totalement inconnues ! Au moment où je crois avoir tout entendu, il débarque avec “Despite Repeated Warnings”… Je n’avais jamais entendu ça ! Idem pour “I Don’t Know”. Je suis impressionné par le fait qu’il continue d’aller de l’avant et qu’il ne se repose pas sur ses lauriers. »

N’ayant plus rien à prouver, l’ex-Beatle joue en totale liberté sur les seize titres qui jalonnent « Egypt Station » : il module sa voix, donnant l’impression de s’étrangler d’émotion ; étire en longueur des chansons qui n’en demandent pas tant, simplement pour le plaisir d’y ajouter des chœurs et des solos de guitare ; ajoute un chapitre à d’anciennes compositions. Il en va ainsi de « People Want Peace », comme une suite à l’inoubliable « Pipes of Peace » de 1982.