Angèle dans la cour des grands

Angèle. « Brol » (Initial/Universal)

 Angèle, avant / après. Photo Charlotte ABRAMOW

Angèle, avant / après. Photo Charlotte ABRAMOW

Le voile de sa voix quand Angèle descend dans le grave suffit à notre bonheur ces jours-ci. Ecoutez-là quand elle chante « Tout le monde il veut seulement la thune / Et seulement ça, ça les fait b… ».

A 22 ans, Angèle a gardé la frange ingénue de ses cinq ans, et la gouaille enfantine qui va avec. La photo sur la pochette de son premier album « Brol » où on la voit édentée (de lait) le laisse deviner. Nombre de ses chansons sont des petits manifestes de politiquement incorrect (« Balance ton quoi » pour n’en citer qu’une). En dansantes mélodies, l’auteur et interprète Angèle percute comme un rappeur. Ses premiers faits d’armes avec son rappeur de frère, le Belge Roméo Elvis, n’y est sans doute pas pour rien. 

Brol. Il faut être belge pour comprendre. Voici donc les explications de la native du royaume voisin, fille d’un autre chanteur bien connu là-bas, Marka : « J’avais simplement envie de mettre un mot belge dans mon album, d'autant qu'il m'a toujours fait rire. Le brol c’est le bordel, le désordre mais optimiste et léger, ce n'est pas du tout péjoratif. Ce mot me rappelle mon enfance, mon pays parce que j'y suis de moins en moins. Je le trouve du coup très rassurant.»

Angèle a tout bon. Et de quoi rendre jaloux dans la cour des grands. Parlons justement de « Jalousie », dernier single et clip en date. Après les vidéos « La Loi de Murphy » et « La Thune » qui jouaient la carte de l’humour, l’artiste se révèle géniale en robe fluide au milieu de danseuses habillées pareil et immergées dans l’architecture futuriste du siège du Parti communiste français, œuvre du brésilien Oscar Niemeyer. Quand la pop élargit les horizons comme ça, on prend !