Coup fatal, coup de maître

Miles Kane. « Coup de Grace » (Mercury/Universal)

 Miles Kane, 32 ans, l’Anglais qui a choisi Los Angeles pour écrire l’ode à la pop de son pays natal. Photo Lauren DUKOFF

Miles Kane, 32 ans, l’Anglais qui a choisi Los Angeles pour écrire l’ode à la pop de son pays natal. Photo Lauren DUKOFF

En congés de son duo des Last Shadow Puppets avec Alex Turner (Artic Monkeys), Miles Kane perd de sa pompe, mais gagne en efficacité rock, celle de ses débuts avec les groupes britanniques The Little Flames et The Rascals. En témoigne cette volée de chansons « rapides et énervées » comme il se plaît à le dire en interview, rassemblées dans « Coup de Grace », un album excellent de bout en bout.

Mais pourquoi cette envie de batailler à nouveau, guitares hurlantes en bandoulières, basses puissantes, voix très en avant et percussions trépidantes ? Sans nul doute pour noyer la tristesse d’une rupture amoureuse. Un remède de cheval qui lui fait revisiter l’histoire du rock anglais, alors qu’il résidait à Los Angeles pour soigner ses peines de cœur.

Voilà donc un disque comme on n’en fait plus - même les frères Gallagher, dont c’était pourtant le fonds de commerce, ont lâché l’affaire. Ça démarre dans la fureur avec « Too Little Too Late », avant un groove à la T. Rex sur « Cry On My Guitar » et ses joyeux « Shalalalala ».

Ce disque regorge d’hommages aux maîtres du rock, de la pop et du punk. À commencer par cette voix réverbérée qui ressuscite John Lennon sur « Killing the Joke » et renoue avec le mur du son cher au producteur timbré Phil Spector. Les Clash sont embusqués aussi, dans l’intro de la chanson titre, « Coup de Grace », référence au coup fatal du catcheur préféré du songwriter. Cosmopolite en diable, Miles Kane s’essaie aussi au français. Ça donne le titre de fin « Shavambacu », pour « Je t’aime beaucoup ». Réciproquement.