Damon Albarn, l’Anglais inconsolable

The Good, The Bad & The Queen. « Merrie Land » (Warner)

 Tony Allen, Damon Albarn, Simon Tong et Paul Simonon. Photo Pennie SMITH

Tony Allen, Damon Albarn, Simon Tong et Paul Simonon. Photo Pennie SMITH

L’Anglais Damon Albarn est triste. Il se remet mal du Brexit voté par ses compatriotes du Royaume-Uni. Et quand le leader de Blur, Gorillaz et ici The Good, The Bad & The Queen est triste, il écrit et compose des chansons, le plus souvent du meilleur tonneau. Comme quoi, en toute chose, malheur est bon.

Pour l’accompagner, Damon Albarn a réuni les vieux amis qui avaient déjà collaboré avec lui il y a onze ans : le batteur nigérian Tony Allen, l’ancien bassiste de The Clash, Paul Simonon, et le guitariste Simon Tong (du groupe The Verve). Le producteur de légende Tony Visconti a aussi mis la main à la pâte pour hisser « Merrie Land » (« Terre joyeuse ») sur les hauteurs de la mélancolie, donnant l’impression de déambuler au milieu des fêtes foraines désenchantées des stations balnéaires du Nord-Ouest et du Sud de l’Angleterre.

Au chant et aux claviers, Damon Albarn se surpasse. Il est ici en première ligne sur tous les titres, sa voix évoquant celle d’un David Bowie inconsolable avec lequel Tony Visconti a d'ailleurs travaillé, notamment sur l’ultime « Blackstar ».

Avec l’art de rendre mélodieuses des notes dissonantes, le maître des studios ajoute à l’épopée musicale un cor anglais (« Merrie Land »), un chœur de voix d’hommes (« Lady Boston »), une trompette (« The Last Man To Leave ») et des légions de cordes. La liste des instruments n’est pas exhaustive.

A l’occasion de la sortie de cet album, les quatre compères ont été photographiés par une illustre photographe, la Londonienne Pennie Smith. Ses images marquent les retrouvailles avec Paul Simonon dont elle avait immortalisé la silhouette enragée sur la pochette de « London Calling » de The Clash. Un autre jalon musical.