La chevauchée du roi Murat

Jean-Louis Murat. « Il Francese » (Pias)

 Jean-Louis Murat en habits dans les prés. Photo Frank LORIOU.

Jean-Louis Murat en habits dans les prés. Photo Frank LORIOU.

Tant d’efforts pour demeurer fidèle au rendez-vous du disque presqu’annuel mérite reconnaissance éternelle. A peine un an après les « Travaux sur la N89 », voici Jean-Louis à nouveau dans la peau du Murat historique, maréchal d’empire de Napoléon, fait roi de Naples. D’où le titre de l’album : « Il Francese » (« Le Français »).

Ses nouveaux habits autorisent le musicien poète à toutes les fantaisies. « J’ai poussé au maximum le dédoublement avec le Murat historique. Je pense tout le temps à Naples, je voudrais m’y délocaliser », dit-il. Mais la sensuelle Italie ne lui suffit pas. Son penchant de toujours pour l’Amérique revient à grand galop. Surgit donc « Marguerite de Valois », reine d’Auvergne qui aurait connu des Indiens et vécu, si l’on en croit notre historien, « une aventure avec un Comanche ». Sur le disque, ça fusionne idéalement sur fond de subtils accords western et harmonies de voix trafiquées.

Le chevauchée du Français, saluée sur son passage par une fanfare fugace (« Gazoline »), s’achève, bouleversante, avec « Rendre l’âme » et « Je me souviens », en hommage au compagnon d’armes disparu Christophe Pie, figure de la scène musicale clermontoise. « Il était là tous les jours au début de l’enregistrement, à valider les titres comme souvent avec moi. Il nous a lâchés au tiers de cet album qui est empreint de lui », confie Murat.

A la fin, on n’a pas d’autres mots que : « Vive le roi ! », fût-il de pacotille.