Confidences d’un géant à Broadway

Bruce Springsteen. « On Broadway » (Sony)

Patti Scialfa et Bruce Springsteen à Broadway. Photo Danny CLINCH

Patti Scialfa et Bruce Springsteen à Broadway. Photo Danny CLINCH

Deux ans après son autobiographie, « Born To Run » (disponible en poche), le boss se pose avec un ovni sur la planète rock. Un disque (et un show sur Netflix) presqu’autant parlé que chanté, diablement rythmé par lui seul à la guitare, au piano et à l'harmonica. Et pour deux chansons (« Tougher Than the Rest » et « Brilliant Disguise »), rejoint par sa femme, Patti Scialfa.

Sur la scène de Broadway à New-York, cinq jours par semaine depuis 2017, Bruce Springsteen raconte sa famille, sa ville natale, Freehold (New-Jersey), qu’il a voulu fuir en courant (« Born To Run » et « My Hometown) pour mieux revenir y vivre, à dix minutes de route. 

Qu’il se produise avec son groupe, le E-Street Band, devant 80 000 personnes, ou ici devant un petit millier, la présence de Bruce Springsteen sur scène est impressionnante. Jamais théâtrale, toujours musicale. Les introductions aux quinze chansons phares de sa carrière qu’il revisite ne sont pas que de longs tunnels de bla-bla : même celui ou celle qui ne comprend pas grand-chose à l’anglais est tenu en haleine par le fil des notes à la guitare et au piano et au timbre rocailleux de l’immense songwriter, touché par la grâce.

L’humour n’est pas en reste, qui permet de passer de la dépression arrosée d’alcool du père à la joie de vivre de la mère qui a voulu offrir à ses enfants « une vie belle et solide ». La salle rit quand elle pourrait aussi pleurer.

On n’avait encore jamais vu pareil concert de rock’n’roll, car c’en est un, qui dure près de 2 h 30.