Le punk au panthéon du rock

Joe Strummer. « Joe Strummer 001 » (PIAS)

 Joe Strummer (1952-2002). Photo Bob GRUEN

Joe Strummer (1952-2002). Photo Bob GRUEN

Joe Strummer fut un immense songwriter doté d’une voix déchirée et déchirante que l’on découvre ou redécouvre au gré des 32 titres, partagés entre raretés et inédits, du coffret « Joe Strummer 001 ». L'anthologie publiée cet automne rassemble son œuvre menée hors de The Clash : d’abord avec les 101’ers, en solo, puis avec Les Mescaleros. Mais hélas sans The Pogues avec lesquels il avait pourtant collaboré en remplacement de l’indomptable leader du groupe irlandais, Shane MacGowan, parti voir ailleurs pour incompatibilité d’humeur.

A la disparition du leader de The Clash à l’âge de 50 ans en 2002, on a réalisé qu'il n'avait cessé d'archiver son travail qui regroupe quantité d’écrits et de bandes conservés au fond de son jardin. « Joe Strummer 001 » a été conçu sous la supervision de sa veuve Luce et de l'artiste canadien Robert Gordon McHarg III qui avait dans le passé géré plusieurs expositions autour de l'artiste.

A l’écoute de cette somme qui en présage d’autres, on prend le même plaisir qu’à celle des vieilleries de Buddy Holly. A des dizaines d’années d’écart, les géniteurs du rock’n’roll et du punk ont en commun la même rage au micro et la même invention musicale qui les autorisent à mêler les genres : le style hawaïen pour Holly, le reggae pour Strummer.

Cette passion pour la musique de la Jamaïque atteint un seuil inattendu quand Joe Strummer et Johnny Cash se retrouvent avec le producteur Rick Rubin pour enregistrer la chanson de Bob Marley « Redemption Song ». Tout fusionne avec évidence et montre que l’icône du punk occupe une place à part au panthéon du rock.

Il faut aussi l’écouter (et le voir sur YouTube dans le film d’Aki Kaurismäki « J’ai engagé un tueur ») guitare en mains et seulement accompagné d’un djembé, interpréter « Burning Lights ». Quelle gueule et quel art de la chanson dépouillée !