Les harmonies des petites anglaises

Honey Hahs. Dear Someone, Happy Something (Rough Trade)

 Les Honey Hahs avec Rowan à la guitare, Sylvie à la batterie et Robin à la basse. Photo Oliver HADLEE

Les Honey Hahs avec Rowan à la guitare, Sylvie à la batterie et Robin à la basse. Photo Oliver HADLEE

Sylvie (11 ans), Robin (13 ans), et Rowan (16 ans) font souffler un vent de fraîcheur enfantine sur la pop anglaise. Les trois sœurs du sud de Londres viennent de publier leur premier album « Dear Someone, Happy Something » sur le label Rough Trade, toujours à la pointe pour dénicher de nouveaux talents. La réputation des gamines a traversé la Manche. En novembre 2017, les spectateurs du festival Les Inrocks les ont découvertes sur scène. Leur prestation, remarquable, est toujours visible sur le site d’Arte concert.

C’est la grande sœur Rowan qui a entraîné les petites dans la danse. C’est elle aussi qui a le plus d’assurance à l’image, les autres laissant poindre des sourires timides, désarmants de sincérité. Leurs clips sont irrésistibles. On les voit chanter dans leur quartier, faire les marioles, canne de grand-mère en main, et des cabrioles dans le jardin. Une autre vidéo les suit sur les grands boulevards à Paris, en plein shopping de Noël dans les grands magasins.

Et leur musique, pas trop futile ? Pas du tout. C’est même du très bon niveau, tout en harmonies vocales. C’est un ancien membre du groupe Pulp, Steve Mackey, qui a produit leur premier album. Jarvis Cocker, l’ex-leader du fameux groupe phare de la Britpop, ne tarit pas d’éloges à leur sujet : « Ne vous attardez pas sur l'âge des filles qui ont créé ce disque : ces chansons parlent d'un esprit qui est en chacun de nous - c'est juste qu'il est parfois enterré par l'âge. Il est bon de se rappeler cette vérité séculaire: la jeunesse nous sauvera ! ». Ecouter « Ok », « I Know You Know » ou « Stop Him » suffit pour s’en convaincre.