Le pouvoir des femmes ​

Courtney Barnett. Tell Me How You Really Feel (Marathon Artists)

Courtney Barnett à la fête.
Photo Pooneh GHANA

Ses chansons sont son journal intime. Elles sont le reflet du quotidien de cette anxieuse maladive : « J’écris tous les jours des chansons, que je jette le plus souvent ou que je garde précieusement dans une boîte en attendant de les exploiter », confie-t-elle au magazine Magic dont elle fait la couverture ce mois-ci, en même temps que celle de Rock & Folk.

En 2015, son premier disque « Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit » (« Parfois je m'assois et je réfléchis, et parfois je ne fais que m'asseoir ») avait fait mouche. À lui seul, le titre donnait envie de s’aventurer dans sa vie faite d’ennui et de soucis de fille.

Trois ans plus tard et un album en duo avec l’Américain Kurt Vile, la chanteuse et guitariste australienne de 30 ans confirme tout le bien qu’on pense d’elle avec « Tell Me How Really Feel » (« Dis-moi comment tu te sens vraiment »).

Moins autocentré que le précédent, son deuxième album s’ouvre sur l’actualité, avec la même acidité. Sur « Nameless, Faceless », la jeune femme met ses talents d’auteur au service de la cause féminine quand elle écrit « Je veux pouvoir marcher dans le parc à la nuit tombée »… avant de reprendre les mots de l’écrivaine Margaret Atwood (« La Servante écarlate ») : « Men are afraid that women will laugh at them; women are affraid that men will kill them. » (« Les hommes ont peur que les femmes se moquent d’eux. Les femmes ont peur que les hommes les tuent »).

Côté production, le rock est brut et dépouillé. L’ex des Pixies Kim Deal et sa sœur Kelley, qui forment désormais le groupe The Breeders, sont invitées sur deux titres, ajoutant au brio de Courtney à la guitare Fender.