Treize chansons de haut vol

Bertrand Belin. « Persona » (Wagram)

Photo Bastien BURGER

Photo Bastien BURGER

Comment ne pas craquer pour le nouveau Belin et des titres splendides comme « Glissé Redressé » et « Bronze » ? Après l'énigmatique toucan de la pochette de « Cap Waller » (2016), l’artiste retrouve le goût de la pose sur « Persona », son dernier album publié aujourd'hui : en plan américain, bras et mains ballants sur d’invisibles colts, ceinturon apparent. Une jaquette toute simple pour envelopper des chansons toujours étranges dans lesquelles se côtoient moult personnages, des plus cabossés par la vie jusqu’au « Président, s’il vous plait ». La voix est grave, le chant est saccadé, mais la mélodie s’immisce partout, portée par des cordes qui font des rais de lumière dans des chansons tristes.

« Sur le cul » nous laisse pantois (évitons les répétitions). Les boucles sonores y sont hypnotisantes, interrompues ici et là par une cascade de sons synthétiques, comme une bille qui tombe et rebondit. L’effet saisit chaque fois qu’il surgit.

Si le toucan n’est plus, les oiseaux survolent toujours dans les textes de Bertrand Belin qui s’évertue pourtant à les éloigner. A force de « Ouste choucas » dans « Nuits Bleues ». Mais on en trouve encore qui volent très haut, croassent ou hululent dans « Bec », « Grand Duc » et « L’Opéra ». Autant de pièces majeures que les nostalgiques de Bashung apprécieront tant le Breton fait figure de digne successeur à l’illustre Alsacien.