Grandaddy ou la délicatesse du bûcheron

Grandaddy, « Last Place » (Sony Music)

  On reconnaît un membre de Grandaddy à sa barbe fournie et sa tenue de bûcheron. Ici Jason Lytle, l’artisan en chef.

On reconnaît un membre de Grandaddy à sa barbe fournie et sa tenue de bûcheron. Ici Jason Lytle, l’artisan en chef.

Une chance si vous ne connaissez pas encore Grandaddy. Le week-end s'annonce bien à naviguer sur votre plateforme de streaming préférée, à l’écoute de leur dernier album « Last Place », et de ce qui a précédé dans l’œuvre de ce groupe injustement méconnu.

Grandaddy, c’est du rock à guitares teinté de pop. Paroles et compositions sont écrites par Jason Lytle, qui a longtemps fait du skate avec ses potes de Modesto, une ville de Californie à la fois industrielle et agricole, avant de gratter des cordes et jouer des claviers. Pour varier les plaisirs, sans prétention et sans grand espoir de faire fortune.

Pas très excitant dit comme ça. Et pourtant. Jason Lytle est un créateur de mélodies hors-pair, un fieffé bricoleur de studio doté d'une voix délicate qui raconte avec fièvre joies et peines. Un artiste complet. 

Au mieux de la carrière de Grandaddy qui a démarré en 1996 avant d’être mise sur pause en 2006, des chroniqueurs américains ont collé sur le groupe l’étiquette de Radiohead américain. Dans le dernier Rock & Folk, Jason Lytle répond, on veut le croire pince-sans-rire, à la comparaison : « Radiohead fait des albums qui sont des expressions artistiques très ambitieuses, avant-gardistes. Je ne suis pas assez doué pour ça, je n’ai pas le niveau de jeu ».

Autre caractéristique du groupe : des pochettes bizarres faites de découpages et d’assemblages. La dernière est une nature morte où l’on voit la statuette dorée d’un chanteur qui laisse tomber son micro (joli trucage) sur fond de paysage américain, une pomme de pin, mégot de cigarette et ce qu’il reste d’une canette au premier plan. Un peu fumeux mais qui ne doit pas détourner de merveilles comme « Songbird son » ou « The boat is in the barn » et ses accords en hommage aux Kinks.