Les «love affairs» des Carters ​

The Carters (Beyoncé & Jay Z) Everything is Love (Roc Nation)

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Les superstars américaines refont le coup de 2016 et inondent d’albums surprises les réseaux. Après la rafale de Kanye West (cinq albums de sept titres chacun lancés en un mois, à titre personnel ou comme producteur), voici The Carters. Autrement dit Beyoncé et Jay Z qui ont encore choisi le dimanche (jour des seigneurs ?) pour servir leur limonade. Le commun des artistes se conforme à la règle du jour de sortie officielle des disques, le vendredi. Pas eux, qui dérogent et réservent d’abord leurs productions à la plateforme de streaming propriété de monsieur, TIDAL… Avant de les laisser filer ailleurs le lendemain, une fois que l’effet d’annonce a opéré.

Soit un album qui n’emporte pas comme le « Lemonade » du dimanche 24 avril 2016, mais capte l’attention grâce à tout ce qui l’entoure : le tournage d’un long clip la nuit au Musée du Louvre, l’allure en costumes satinés du couple, l’imagerie qui accompagne l’opus, avec la Joconde et la Venus de Milo en toile de fond. Au championnat de la mégalomanie, le couple sort champion. Kanye n’a plus qu’à se rhabiller.

A croire ce qui se chante, maman et papa Carter filent le parfait amour. Oubliés les coups de canifs de Jay Z dans le contrat de mariage que Queen B avait révélés dans « Lemonade ». Un an et deux jumeaux plus tard, son homme lui avait demandé pardon dans son propre album « 4:44 ». « Lovehappy », savant mélange de soul et de rap, remet les compteurs à zéro entre les époux. « Nous avons des défauts / Mais nous sommes toujours parfaits l'un pour l'autre », scande-t-elle pour s’en convaincre.