La bande originale prodigieuse

Max Richter. « L’Amie prodigieuse » (Deutsche Gramophone)

Elena et Lila, les deux amies prodigieuses. Photo DR

Soudées par leur prodigieuse amitié, les deux fillettes qui incarnent Elena et Lila crèvent l’écran. La musique qui accompagne la naissance de leur complicité transperce le cœur. La série, tirée de la saga littéraire « L’Amie prodigieuse », est diffusée depuis la mi-décembre sur Canal +. La bande-originale signée Max Richter est aussi disponible en ligne et dans les bacs.

Le morceau inaugural, « Elena & Lila », est d’une simplicité enfantine : un thème hypnotique joué au piano par Andy Massey, avant la douce avancée des cordes de l’orchestre Air Lyndhurst. Cordes qui se déchaînent pour accompagner les aventures des deux petites dans les rues de Naples (« Whispers »). La marche du violoncelle de « The Days Go By » est une splendeur. Pour illustrer la candeur des « Dialogues intérieurs » des héroïnes, le compositeur germano-britannique Max Richter et le claviériste Andy Massey tirent de l’oubli le célesta, ce vieil instrument de la famille des percussions, dont le dépouillement confine à la pureté.

Avec ou sans les images, cette bande originale est captivante. Tout comme le sont, captivants, les quatre volumes qui racontent 60 ans de la vie de deux femmes en Italie. Ils se sont vendus à des millions d’exemplaires à travers le monde depuis 2011.

Le mystère qui entoure cette œuvre n’est pas moins fascinant. Depuis toutes ces années et les succès engrangés, la véritable identité d’Elena Ferrante, qui a pourtant participé à l’adaptation de ses romans pour la télévision, demeure toujours secrète. Il est amusant de penser qu’elle (ou il !) écoute le même disque que nous, espiègle comme Lila.