Le combat gagné contre elle-même

Cat Power. « Wanderer » (Domino Records)

 Cat Power, 46 ans, a réussi a vaincre ses démons et revient plus forte que jamais. Photo Eliot Lee HAZEL

Cat Power, 46 ans, a réussi a vaincre ses démons et revient plus forte que jamais.
Photo Eliot Lee HAZEL

Les pochettes de disques sont les indicateurs de la météo psychologique des artistes qu’elles servent. En 2006 avec « The Greatest », Cat Power montrait deux gants de boxe en pendentif, manière de bien faire comprendre qu’elle était là pour en découdre. Sur « Wanderer », sorti le 5 octobre, la même Cat Power (Shan Marshall pour l'état civil) dévoile un peu de sa vie apaisée après des années d'errance, en proie à l'alcool. Ici donc, une photo cadrée serrée au bord de la mer avec le haut de la tête d'un bambin, une guitare, et, sans doute elle, dont on ne voit que le bras, en robe à fleurs.

En grosses lettres sur le dernier numéro des Inrocks, l'artiste américaine qui a élu domicile à Miami avec son compagnon et son enfant, explique : « Beaucoup de mes albums ont été des combats, des luttes, mais celui-ci s'est offert à moi au fur et à mesure des mois. Comme si la personne que j'avais été avant et avec laquelle j'ai longtemps eu à me battre avait décidé de me faire ce cadeau ».

Quel cadeau ! « Wanderer » (« Vagabonde », en français) est une splendeur qui touche au cœur plage 6, avec les piano, cordes et voix du poignant « Stay » (une reprise d'un titre de Rihanna). La chef de file du folk féminin américain s'associe aussi avec Lana Del Rey pour un autre des sommets du disque, « Woman », dans lequel leurs voix s'enlacent et accélèrent le tempo avec bonheur.