Le retour du guitar hero

Mark Knopfler. « Down The Road Wherever » (Mercury)

Mark Knopfler et sa Fender Stratocaster en 2008. Photo AFP

Mark Knopfler et sa Fender Stratocaster en 2008. Photo AFP

La touche Knopfler est intacte. Son style reconnaissable dans chaque chanson de son neuvième album solo, « Down The Road Wherever », en plus feutré, assagi. Le « guitar hero » de Dire Straits, qui laissait ses doigts galoper sur le manche et les cordes dans des morceaux de bravoure comme « Sultans Of Swing », n’arbore plus ses bandeaux de tennis en éponge au front et aux poignets. Les cheveux sont tombés, la silhouette s’est épaissie, mais les mains sont toujours agiles et promptes à chatouiller l’échine. L’Écossais passé maître ès blues est à son meilleur. Les trois dernières minutes de « Just a Boy Away from Home » sont un bijou, alors que le morceau démarre façon blues avant de prendre un virage soul pour s’achever en solo sur l’hymne des supporters de l’équipe de football de Liverpool, « You’ll Never Walk Alone ». Grandiose.

Fin mélodiste et parolier inspiré, Mark Knopfler est aussi très savant en studios dont on sait qu’il adore, tel un enfant, le matériel et les guitares qui s’y entassent. Bob Dylan l’avait repéré dès 1979 et finira par lui confier la réalisation de son album « Infidels » en 1983.

Aux consoles, le virtuose assure toujours dans l’art d’ajouter à ses guitares planantes ce qu’il faut de jazz (« When You Leave »), de mélodies dansantes (« Nobody Does That », « Back On The Dancefloor », accompagné dans les chœurs par l’Irlandaise Imelda May) et de réminiscences celtiques (« Drovers’Road »), bien normales pour un natif de Glasgow.