Un ouragan de blues créole

Delgres. « Mo Jodi » (Pias)

 Baptiste Brondy (batterie) et Rafgee (soubassophone) entourent Pascal Danaë (guitare et chant).  Photo Mélanie ELBAZ

Baptiste Brondy (batterie) et Rafgee (soubassophone) entourent Pascal Danaë (guitare et chant).

Photo Mélanie ELBAZ

Une guitare Dobro, une batterie, un soubassophone et la voix blues et créole de Pascal Danaë (Victoire de la musique en 2015 avec le trio afro-Brésilien Rivière Noire…)… C’est la recette magique du trio Delgres qui vient de publier son premier album, « Mo Jodi ». Un ouragan de « heavy » blues créole.

« Tout est parti de la guitare Dobro », se souvient Pascal Danaë dans Télérama. Il la déniche dans une boutique d’Amsterdam en 2010. « J’avais foiré des projets, j’avais le temps d'avoir le blues, poursuit-il. J’ai commencé à faire des slides et à écrire des textes, et c’est le créole qui m’est venu naturellement. »

La guitare à résonateur métallique rutile sur tous les titres de « Mo Jodi ». Le doigté très caribéen du musicien pulse sous les coups de boutoir de Baptiste Brondy entre lesquels serpente le souffle grave de Rafgee au tuba. Tous ceux qui ont vu Delgres en concert ne sont toujours pas remis !

Le chant de Pascal Danaë vibre comme sa guitare. Révoltée quand elle écorche les puissants (« Mr President ») ; douloureuse quand elle évoque l’esclavage (« Mo Jodi ») ; amoureuse, en duo avec Skye Edwards (« Sere Mwen Pli Fo »).

Le nom du groupe Delgres s’inspire de l'héroïsme du colonel d’infanterie Louis Delgrès qui préféra la mort à la captivité après s’être rebellé contre les troupes napoléoniennes venues rétablir l’esclavage aux Antilles, un jour funeste de 1802. « Mo Jodi » (« Mourir aujourd’hui ») rend hommage à son sacrifice.