Du neuf au septième ciel

• Beach House. « 7 » (Pias)

Alex Scally et Victoria Legrand continuent de filer le parfait amour. Photo Shawn BRACKBILL.

Dans la famille Legrand, je demande la nièce Victoria, qui a rouvert la paillote Beach House pour l’été.

La chanteuse franco-américaine est née en mai 1981 à Paris, puis a grandi à Philadelphie (États-Unis). Comme bon sang ne saurait men- tir, c’est tout naturellement que la petite apprend le piano. L’his- toire ne dit pas si elle rejoue alors « Les Demoiselles de Rochefort », chantées par sa tante Christiane Legrand, et composées par tonton Michel qui a remporté plusieurs Oscar à Hollywood.

Victoria a fini par laisser tomber le piano et se découvre à son tour une voix d’exception, à la fois rauque et douce. En 2004, en rencontrant le compositeur Alex Scally, elle trouve l’âme sœur, amoureuse et musicale. Le couple s’installe à Baltimore sur la côte est des Etats-Unis et s’adonne intensément à sa passion, passant entre huit et seize heures par jour à écrire et composer. Il résulte des travaux de Beach House sept albums à ce jour. Dont le dernier, le bien nommé « 7 » que les deux artistes voient comme un recommencement. Du neuf en somme.

On y retrouve ce qui fait la force du groupe depuis l’album « Devotion » (2008) et l’indépassable « Teen Dream » (2010) : un mélange de douceur et d’intensité. « Black car » et son xylophone hypnotique indique la route qui mène au septième ciel. Les autres chansons le gagnent aussi avec plus ou moins de facilité, au gré des ondes vaporeuses chères au groupe, enrichies de sonorités inédites. Une oreille attentive entendra aussi des mots mystérieux égrainés par Victoria au beau milieu de « L’Inconnue ». Façon de glisser qu’il serait dommage qu’elle le reste, inconnue, dans son pays natal.

Sébastien BOISNARD