Pour la tête et les pieds

 Gaëtan Roussel. « Trafic » (Barclay)

 Avec « Trafic », Gaëtan Roussel, 46 ans, confirme son talent pour composer des mélodies pop au service de textes tranchants.

Avec « Trafic », Gaëtan Roussel, 46 ans, confirme son talent pour composer des mélodies pop au service de textes tranchants.

« Hope ». C’est un tube de l’été dont le refrain minimaliste reste dans la tête à journée entière. Mais « Hope », extrait de l’album « Trafic » de Gaëtan Roussel, c’est aussi un texte d’une tristesse insondable qui chante Alzheimer, quand la maladie ronge sa proie et ses proches : « Tu inverses les moments / Renverses les choses / Tu ne connais même plus le nom des fleurs du jardin / Tu te rappelais pourtant de tout / Tu te rappelais pourtant de nous / Mais à la fin plus rien… »

Comme Serge Gainsbourg quand il écrivait « En rire de peur d’être obligée d’en pleurer » pour Jane Birkin, Gaëtan Roussel a cette élégance d’habiller de gaité sa mélancolie. De ses débuts avec Louise Attaque puis Tarmac, jusqu’à son duo avec Rachida Brakni avec laquelle il a publié un très bon album l’an dernier sous le nom de Lady Sir, en passant par de multiples collaborations (Alain Bashung, Raphaël pour citer les meilleurs), il justifie sa devise : « La musique doit interpeller les tripes, la tête, mais aussi les pieds ». Allusion à Jean-Jacques Goldman et ses… « Chansons pour les pieds » de 2001 ? Va savoir !

Pour cette livraison de septembre, Gaëtan Roussel a convié Vanessa Paradis dont le timbre, comme le sien, est reconnaissable entre mille. Elle lui donne la réplique sur « Tu me manques (Pourtant tu es là) », l’un des rares moments apaisés de ce disque écrit et enregistré entre Los Angeles et Paris, dont les 35 minutes filent à toute allure, sans temps morts.

Sortie le 28 septembre 2018.