Hubert Lenoir, vent frais du Québec

Hubert Lenoir. « Darlène » (Simone records)

Hubert Lenoir, 23 ans, a sorti son premier album au Québec il y a un an. Il débarque en France. Photo Noémie Doyon

Un phénomène et son premier disque en solo traversent l’Atlantique ce vendredi 1er février. Au Québec, Hubert Lenoir a raflé les victoires de la musique qu'on appelle là-bas Félix. La France succombera-t-elle au talent de ce garçon de 23 ans à la gueule d’ange qui ne recule devant aucune outrance, à commencer par l’abus de maquillage ?

Ces derniers jours, on a beaucoup écouté (et aimé) « Darlène », un album-concept comme on n’en fait plus et qui ose tous les genres, avec bonheur. On en a poussé prudemment la porte, tant on avait lu que le jeune homme décoiffe, sur disque comme sur scène. Mais c’est un morceau de jazz tranquille qui ouvre l’opus, « Fille de Personne I », suivi de « Fille de Personne II » et « Fille de Personne III » qui rebattent chacun les cartes des genres, passant avec allégresse de la pop à saxophone au glam rock à guitares saturées. Ce disque est foisonnant sans jamais perdre de sa cohérence. Hubert Lenoir déroute à plus d'un titre, multipliant les virages R&B, jusqu'à ne pas la ramener sur certains pour laisser s’exprimer les instruments.

Pour la petite histoire, « Darlène » est née de la collaboration intime de deux amoureux qui ont tout partagé dans leur petit appartement de Québec. Elle, Noémie D. Leclerc, écrivait le roman de « Darlène » alors que lui s’en inspirait pour écrire ses chansons. Au final, ce sont deux œuvres qui ont été publiées outre-Atlantique. 

« Je veux briser les codes de la pop comme le faisaient mes idoles David Bowie et Paul McCartney », a lancé l'ambitieux qui a fait ses classes dès l’âge de 17 ans dans le groupe The Seasons qu'il forme, entre autres, avec son frère Julien. Des débuts déjà pleins de promesses.