David Bowie est toujours vivant

David Bowie. « Loving The Alien » (Parlophone)

Entre 1983 et 1987, la critique rock et les fans de la première heure de David Bowie (décédé, à un jour près, il y a déjà trois ans) n’avaient que très peu goûté ses albums « Let’s Dance », « Tonigt » et « Never Let Me Down ». Ces derniers sont aujourd’hui remasterisés, rassemblés et même revisité pour l’un dans le coffret « Loving The Alien » (disponible en streaming).

De leur côté, grand public et ados des années 1980, dont nous étions, avaient succombé aux assauts des saxos de « Let’s Dance » et à la sensualité de « China Girl », qu’accompagnait un clip aux images torrides, censuré alors dans de nombreux pays.

En 1983, David Bowie rompt les amarres avec la maison de disque RCA pour se lancer avec EMI dans la pop commerciale la plus rutilante. L’élitisme dépouillé de la période berlinoise avec Brian Eno cède la place à une collaboration spectaculaire avec Nile Rodgers (du groupe Chic). « Dansons ! », assène l’artiste qui n’en finit plus de se métamorphoser.

A la joie de réécouter des morceaux maintes fois joués et rembobinés sur les cassettes de l’époque (parmi lesquels la reprise du titre des Beach Boys « God Only Knows », « Blue Jean » et « Loving The Alien », dont Bowie dira qu’elle figure parmi ses chansons préférées), s’ajoute une curiosité : le ré-engeristrement avec d’autres musiciens, vingt ans après et en l’absence de son créateur, de l’album « Never Let Me Down » (1987). Sacrilège diront les fans intégristes, une belle re-création autour de la voix de Bowie diront d’autres, parmi lesquels nous nous comptons, à bientôt 48 ans.