​Une nouvelle page de tubes

MGMT « Little Dark Age » (Columbia)

 Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, le duo MGMT.

Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, le duo MGMT.

Au concours de la pochette la plus moche, MGMT remporte le pompon avec ce dessin au trait noir de clown bizarre sur fond jaune. Et seulement ces initiales pour renseigner : MGMT et LDA (pour « Little Dark Age »). Un ratage esthétique (c’est notre avis) à mille lieues  de la richesse sonore et ludique de leur musique.

Entre 2007 et 2010, « Kids », « Time to Pretend », « Electric Feel » ont inondé la pub, les séries télévisées, les reportages sportifs et même un meeting politique de l’UMP qui a dû mettre la main à la poche (30 000 euros) pour réparer l’impair d’une utilisation des fameux « Kids » sans autorisation.

Sans doute las de plaire à la terre entière, les New Yorkais Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, formés à la meilleure école de musicologie, avaient mis de côté leur génie du tube. Conséquence fatale : le public n’a pas suivi. Dans un entretien au journal Le Monde, Ben Goldwasser admettait récemment une « réclusion chaotique ». Avant de confier : « Cette fois, nous voulions nous reconnecter avec les gens, leur proposer de vraies chansons pop, méticuleusement écrites ». Mission accomplie.

Malgré son titre obscurantiste, la gaité anime quasiment toutes les chansons de l’album. « Me and Michael », qui aurait due s’intituler « Me and My Girl » (mais ça leur semblait trop mièvre), est un pur moment de chanson pop dont on ne saurait dire si c’est un pastiche ou un joyau. Ses créateurs eux-mêmes s’interrogent dans le clip où on les voit accusés d’avoir plagié un boys-band philippin !

Le duo s’amuse aussi de nos travers. Exemple avec Tslamp (« Time spent looking at my phone », « Tout ce temps perdu sur mon téléphone »). Laissons-le donc écran éteint, mais branché sur MGMT.