Toujours prêt pour la bagarre

Morrissey « Low in High School » (BMG)

 « Hache la monarchie » dit la pancarte sur le dernier album de Morrissey. 

« Hache la monarchie » dit la pancarte sur le dernier album de Morrissey. 

Les amateurs des chansons de Morrissey sont comblés cet automne avec la réédition du disque de 1986 des Smiths « The Queen Is Dead » (« La Reine est morte ») et la sortie presqu’en même temps du dernier album du chanteur originaire de Manchester (Angleterre) : « Low In High School ».
Hargne, humour et une forme de tendresse sont au rendez-vous, portés par une voix à son meilleur. Morrissey qui a toujours eu à cœur d’être le messager des classes populaires (jusqu’à flirter avec les extrêmes) se fait là le chantre des cancres, « Les nuls au lycée » comme l’indique le titre.
Tango et latino
Musicalement, les chansons sont un manifeste traditionaliste du rock avec des batteries lourdes et des guitares rugueuses. Les cuivres sont légion qui emballent les titres et décuplent leur puissance. 
Car le Moz n’est pas du genre à enregistrer sa musique seul dans sa chambre, penché sur un ordinateur et des synthétiseurs. Quand il s’y met, c’est avec une cohorte de musiciens qui excellent, chacun devant sa partition.
Il sait aussi alterner les genres avec maestria : tango sur « When You Open Your Legs » (« Quand tu ouvres les jambes »), latino sur « The Girl from Tel-Aviv Who Wouldn't Kneel » (« La fille de Tel-Aviv qui ne veut pas s'agenouiller »). Et volontiers électro sur le sautillant « I Spent The Day In Bed » (« J’ai passé la journée au lit »).
Cette tranche de vie et son refrain « No bus, no boss, no rain, no train » constituant l’un des moments les plus enthousiasmants de cet album très joueur. Très joueur, oui. En témoigne le garçon sur la pochette photographié devant Buckingham Palace, une hache en plastique à la main et vêtu d’un T-shirt floqué du nom de Morrissey. Comme si ce dernier voulait encore en découdre avec la couronne. Mais la reine est toujours vivante !