Quand Pharrell joue collectif

• N.E.R.D « No One Ever Really Dies » (Sony music)

 Pharrell Williams est le principal artisan du dernier album ludique et passionnant de N.E.R.D.

Pharrell Williams est le principal artisan du dernier album ludique et passionnant de N.E.R.D.

Pharrell Williams est un rassembleur. Capable de faire s’entendre amateurs de musique pop et adeptes de hip-hop plus pointu. Il est à l’œuvre sur le dernier album du collectif N.E.R.D (« No One Ever Really Dies », « Personne ne meurt jamais vraiment ») comme auteur et comme producteur et sort de son chapeau qu’il a haut : Rihanna, Kendrick Lamar, Gucci, André 3000, M.I.A., Wale et même Ed Sheeran, le chouchou anglais du moment.

En solo ou avec d’autres, il a enchaîné les succès planétaires (« Happy », « Get Lucky » et « Lose Yourself to Dance » avec Daft Punk, « Blurred Lines » avec Robin Thicke). La démonstration de son savoir-faire est donc faite. Ici, il ouvre les festivités avec Rihanna qui surgit à 1’11 sur l’acide « Lemon » et balance le groove dont elle a le secret.

Déjà soutenu, le tempo s’accélère avec le binaire et nerveux « Deep Down Body Thurst » pour redescendre trois morceaux plus loin sur l’intro du très politique « Don’t Don’t Do It ». Un répit de courte durée pour mieux relancer la course musicale et donner l’impression de courir à perdre haleine dans le flow de l’immense rappeur Kendrick Lamar. Enchaînement avec l’énergisant « Esp ».

L’album s’achève sur les rythmes reggae et euphorisants de « Lifting You » avec Ed Sheeran, méconnaissable.

Réussite de bout en bout donc. Jusqu’à la pochette à la langue bien pendue, œuvre du photographe Erik Ian qui alimente un livret goguenard et furieusement sexy.