​Quand Cabrel se rend à l’évidence

Francis Cabrel « L’Essentiel 1977 - 2017 » (Chandelle Productions)

 Les albums de Francis Cabrel sont disponibles en streaming depuis le 18 septembre.

Les albums de Francis Cabrel sont disponibles en streaming depuis le 18 septembre.

Il compte parmi ceux capables de convaincre l’indécis qui hésite encore à s’adonner au streaming payant. Ça tombe bien, c’est Noël. Francis Cabrel a attendu le tout début de l’automne et le jour anniversaire de ses 40 ans de carrière pour enfin laisser jouer son catalogue sur toutes les plate-formes, de Spotify à Qobuz en passant par Deezer, TIDAL et Apple Music. Ne manque plus à l’appel de la musique qui coule à flot que Jean-Jacques Goldman.

Dans un entretien à Aujourd’hui en France, il a expliqué pourquoi il a fini par sauter le pas : « Je me suis moi-même abonné à une plate-forme il y a un an pour voir ce que c’était. Et j’ai trouvé ça extrêmement pratique. Toutes les nouveautés, je les avais le matin de leur sortie, je les téléchargeais sans bouger de chez moi comme je télécharge mon journal… Je me plie aux évidences. Je me rends».

Vingt-et-un albums studio, en public et « best of » du chanteur d’Astaffort sont donc en ligne. Auxquels s’ajoutent un 22e : « L’Essentiel 1977 - 2017 » qui constitue une excellente porte d’entrée pour qui le connaît mal, ou une sélection aux petits oignons pour qui le connaît mieux.

Francis Cabrel l’essentiel, voilà des mots qui vont bien ensemble, car c’est bien ainsi qu’on l’entend. Presque rien ne manque à cette compilation, si ce n’est « Presque rien », cette chanson du disque « Hors saison » (1999) sur laquelle l’artiste au timbre unique dévoilait un nouvel aspect de sa virtuosité vocale, maîtrisant les aigus qui piquent les yeux. Mais il y a « La Robe et l’échelle », « Le Chêne liège », « Elle dort » pour ne citer qu’elles et se consoler. Et aussi « Le Gorille », emprunté à Georges Brassens, autre essentiel, qui montre une autre facette du talent de Francis Cabrel quand il déniche ailleurs des pépites pour les faire siennes. Bob Dylan, que l’on retrouve ici, est l’un de ses points d’eau claire. Essentiel.