Mélissa Laveaux, reine créole

Mélissa Laveaux « Radyo Siwèl » (No Format / Sony music)

 La Canadienne Mélissa Laveaux a attendu 2016 pour goûter aux plaisirs d’Haïti, le pays natal de ses parents. Photo No Format - Romain STAROPOLI

La Canadienne Mélissa Laveaux a attendu 2016 pour goûter aux plaisirs d’Haïti, le pays natal de ses parents.
Photo No Format - Romain STAROPOLI

« Dans le froid de Paris, j’écoute et je sens tout ce qui me raccroche à Haïti. C’est étrange d’être aussi attachée à une île alors que je la connais si peu. Mais ça me donne le droit de la rêver. Les racines, elles poussent en moi et font la sève de mes chansons». Ainsi parle Mélissa Laveaux dans la vidéo annonciatrice de son dernier album « Radyo Siwèl ». Du nom des orchestres de troubadours champêtres qui colportaient les airs créoles au gré des fêtes de village dans le pays natal de ses parents.

Mélissa Laveaux est née en 1985 à Montréal et a grandi au Canada. D’Haïti, elle ne connaissait que ce que lui en racontaient ses tantes au téléphone et les chants de Martha Jean-Claude qui, exilée à Cuba dans les années 50, chantait le pays chéri qu'elle avait dû fuir.

Son père lui offre une guitare pour ses treize ans. La jeune musicienne fait dès lors feu de tout bois et mêle ses goûts pour le folk de la Canadienne Joni Mitchell, le jazz de Nina Simone ou la musique du Cap-Vert de Cesária Évora.

Elle vit depuis dix ans à Paris et a attendu avril 2016 pour retourner à ses racines. Revenue de Port-au-Prince avec des carnets bien remplis, des sons et des mélodies plein la tête, la glaneuse a fait un grand disque de ce qu’elle a rapporté, triturant les chants traditionnels pour en faire des chansons à l’énergie rock, saupoudrées du sucre de sa voix. Ses complices parisiens du studio A.L.B.E.R.T. (Ludovic Bruni, Vincent Taurelle et Vincent Taeger) ont tout compris du projet. Les guitares ondulent et swinguent sur « Tolalito » ; elles sont douces et invitent à la rêverie sur « Lè Ma Monte Chwal Mwen » (« Quand je monte mon cheval ») ; tournoient sur « Nibo », et invitent à entrer dans la transe.