Les torrents d’amour de Raphaël

Raphaël « Anticyclone » (Columbia)

 Raphaël revient plus radieux que jamais. Photo David UZOCHUKWU

Raphaël revient plus radieux que jamais.
Photo David UZOCHUKWU

Depuis quelques albums, Raphaël mène sa barque avec autorité, sans se soucier de savoir si sa musique sera retenue sur les playlists des plateformes de streaming ou celles de la bande FM. Le résultat est remarquable, qui mêle l’audace et la rigueur. Avant, la sortie d’un nouveau disque des Bashung, Murat, Cabrel, Manset était vécue comme une fête. Une livraison de Raphaël fait désormais le même effet.

Pour « Anticyclone », Raphaël a invité Gaëtan Roussel (ex Louise Attaque) à le rejoindre en studio. Il leur a suffi de huit jours pour enregistrer les onze chansons, en live et à l’ancienne. Avec ce qu’il faut de fièvre et de frénésie pour irradier chacune. En écho à un recueil de nouvelles publié en 2016 pour lequel l’artiste a été auréolé d’un Goncourt en mai, l’album de septembre s’ouvre sur « L’Année la plus chaude de tous les temps », constat poétique de la déroute climatique.

Il pleut aussi des cordes sur « Fièvres d’Asie », en envolées lyriques, en clin d’œil aux tropismes musicaux du chanteur : Bowie et Manset.

Plus loin, on se promène dans « Paris est une fête », période Hemingway en bas de chez Boris Vian, hanté par la terreur de novembre 2015.

Jamais sinistre, ce disque touche profondément. Sans doute parce qu’il emporte avec lui l’amour. En témoignent « Quel genre d’ami ferait ça » sur fond de vocalises du contre-ténor Fabrice Di Falco et surtout « La question est why » où l’actrice Mélanie Thierry rejoint son compagnon. Raphaël : « Cette chanson est intime, ça avait plus de sens de la faire avec elle. J’en suis content. Sur mon disque précédent (« Somnambules »,ndlr), notre fils chante sur l’un des morceaux. Il ne faut pas que je l’entende, sinon je pleure ». C’est ça, l’amour au beau fixe.