Les Strokes façon puzzle

• Albert Hammond Jr. « Francis Trouble » (Beggars)
• The Voidz « Virtue » (RCA)

 Albert Hammond Jr. a dégainé le premier, en attendant Julian Casablancas et The Voidz. Photo Autumn DE WILDE

Albert Hammond Jr. a dégainé le premier, en attendant Julian Casablancas et The Voidz.
Photo Autumn DE WILDE

Le rock à guitares est toujours vivant. Vingt ans après leurs débuts à New York, les vétérans des Strokes Julian Casablancas et Albert Hammond Jr (qui se connaissent depuis leur adolescence de pensionnaires dans une institution suisse) les mettent toujours autant en avant sur les deux albums qu’ils publient chacun de leur côté, à quelques jours d’intervalle.

« Francis Trouble » d’Albert Hammond Jr est déjà dans les bacs et sur les réseaux. C’est un bain de jouvence qui démarre tout en riffs avec « Dvsl », un pur moment de rock n’roll. En 36 minutes et dix titres, le « guitar hero » des Strokes, qui porte haut son instrument (au propre et au figuré), prend d’assaut les styles. A la manière d’Oasis sur « Tea for Two », en hommage au « Sympathy for the Devil » des Rolling Stones sur « Screamer » et sa cavalcade de « Ouh ouh ».

Des pièces du puzzle manquent encore du côté de Julian Casablancas et de sa formation The Voidz, mais la poignée déjà disponible en streaming laisse présager un beau tableau final. Le petit prince du rock est devenu roi. N’en déplaise à ceux qui font la fine bouche à l’écoute de ses albums solo et avec The Voidz, son inspiration est intacte et sa voix, au timbre désabusé, reconnaissable entre toutes. « Leave It In My Dreams » conte les affres de superstar en quête d’une vie tranquille. Le lugubre et lyrique « Pointlessness » clôturera le disque en apothéose sur cette question « En quoi est-ce important ? » De maintenir la flamme vacillante du rock ? Quelle question…