La voix qui chante les peines et les espoirs

Mavis Staples « If All I Was Was Black » (Pias)

 Mavis Staples, 78 ans, l’une des grandes voix de la musique noire américaine. 

Mavis Staples, 78 ans, l’une des grandes voix de la musique noire américaine. 

D’abord en famille avec son père et ses deux sœurs dès les années 1950, puis en solo à partir des années 1970, Mavis Staples a inscrit et continue d’inscrire son nom dans l’histoire de la musique. Avec l’art de mêler sa voix rauque et sublime à des répertoires qui vont de la soul au gospel en passant par le blues, le folk et le rock.

A 78 ans, son aura est intacte. La fine fleur de la scène musicale ne rate pas une occasion de mettre en avant son chant. A quelques semaines d’intervalle cette année, on l’a entendue chez Gorillaz (« Let Me Out ») et Arcade Fire sur le percutant « I Give You Power ».

Cette fin d’année, elle publie « If All I Was Was Black » avec un autre natif de Chicago comme elle : Jeff Tweedy. C’est la troisième fois que la diva du gospel et le leader du groupe de folk-rock Wilco collaborent. Les amateurs de blues intense n’ont pas d’autre choix que d’applaudir le mariage des guitares rugueuses et de la voix ardente où affleurent la colère, la joie, la tristesse et la foi.

L’histoire personnelle de Mavis Staples pourrait fournir la matière à un très beau biopic. On y verrait Martin Luther King, mais aussi un Bob Dylan très épris de chant gospel et de la demoiselle qu’il demanda en mariage à l’orée des années 1960. Le jeune homme se vit opposer un refus.

Mavis Staples s’amuse de cette histoire dans un récent entretien au quotidien anglais The Guardian, où elle confie : « J’ai souvent pensé à ce qui serait arrivé si j’avais épousé Bobby ». Et se plaît à imaginer chanter les enfants qu’ils n’ont pas eus.

Un autre artiste a beaucoup compté dans la discographie de Mavis Staples : Prince qui a composé et produit pour elle deux albums : « Time Waits For No One » (1989) et « The Voice » (1993). Un titre qui dit tout d’elle.