La quête du riff parfait

• Jack White « Boarding House Reach » (XL Recordings)

 Jack White n’est pas décidé à rompre avec le blues furieux. Photo Theon DELGADO

Jack White n’est pas décidé à rompre avec le blues furieux. Photo Theon DELGADO

Les premiers morceaux de « Boarding House Reach » n’offrent guère de répit. L’Américain de Detroit a branché les amplis à fond et relancé la machine infernale. Il pleut des cordes sur les guitares, le chant est hurlé, mais incroyablement juste, les percussions sont surexcitées. « Connected By Love », « Over and Over and Over » peuvent déjà prendre leurs inscriptions au rang de classiques.

Après une fantaisie tzigane, ce n’est qu’au mitan du disque que le tempo s’apaise, laissant place au blues dont il a le secret. La maison se referme sur une berceuse à la Paul Mc Cartney (« Humoresque »), comme pour s’excuser du remue-ménage qui a précédé.

Le style Jack White est toujours minimaliste, comme au temps des White Stripes. Il est l’un des meilleurs guitaristes de blues électrique de sa génération et continue sa quête du riff parfait. Être l’auteur du classique « Seven Nation Army » et de ses sept notes initiales reprises dans tous les stades ne lui suffit pas. Ici, il fait feu de tout bois. Rock’n’roll, funk, électro, punk, hip-hop, gospel, blues et même country… Passé dans son mixer, le mélange, à bien des égards redoutable, se révèle excellent et rend accro.

Le fort en thème chante et joue de tout : guitares acoustiques et électriques, batteries, orgue, synthétiseurs. En chef de bande, il emmène aussi avec lui la crème des musiciens qui ont joué avec Beyoncé, Kanye West, Jay Z. Pour quelqu’un qui snobait le hip-hop à ses débuts, voilà qu’il se rattrape. De la meilleure façon qui soit.