​Grizzly Bear ressort de sa tanière

Grizzly Bear « Painted Ruins » (Jive Epic)

 Le groupe Grizzly Bear (de gauche à droite) : Daniel Rossen, Chris Bear, Chris Taylor et Edward Droste.

Le groupe Grizzly Bear (de gauche à droite) : Daniel Rossen, Chris Bear, Chris Taylor et Edward Droste.

Faut-il que les quatre garçons de Grizzly Bear soient confiants dans leur pouvoir d’attraction pour, comme Arcade Fire en juillet, sortir leur nouveau disque en plein cœur de l’été ! L’accueil qui leur est réservé montre que le pari valait d’être tenté.

A l’origine de Grizzly Bear -le plus solitaire des ours-, il y a Ed Droste (par ailleurs très actif sur Instagram où il raconte sa vie de musicien). En 2004, il s’était enfermé dans sa chambre du quartier de Brooklyn à New York pour rassembler des sons et des textes, mis ensuite en musique avec la complicité du batteur Christopher Bear. Le disque qui résulte de leurs séances, « Horn of Plenty », séduisit le bassiste et producteur Chris Taylor qui rejoignit le tandem. Le guitariste et chanteur Daniel Rossen le suivit à son tour dans l’aventure. Quelques années plus tard, le pilier Ed Droste dira être ravi que le projet solo soit devenu un groupe, tant il ne se sentait pas assez solide pour assumer le projet Grizzly Bear à lui seul.

Clémence Poésy en rythme

En 2009, Ed Droste et ses potes publient l’album « Veckatimest ». Le monde découvre alors que les Beatles et les Beach Boys ont fait des petits, nommés Grizzly Bear. Des grandes marques tombent sous le charme. En France, c’est Peugeot qui empruntera les accords de « Two Weeks » pour la pub de la 5008.

Huit ans après, on reste béat d’admiration. Publié il y a quelques semaines, le clip de « Mourning sound » (« Le son du deuil ») annonçait la couleur de l’album à venir. Clémence Poésy (vue dans « Harry Potter ») y joue une Marie-Antoinette punk qui s’ennuie dans son château et tape en rythme sur les fesses de ses pages. Bizarre, mais accrocheur.

A l’heure où les genres sont cadenassés, eux les mêlent avec allégresse. Ces musiciens savants sont capables de mélodies somptueuses, de celles qui rendent joyeuse une journée pluvieuse. Ils expliquent qu’ils se sont « beaucoup amusés » en réalisant « Painted Ruins » : « Malgré la gravité des thèmes abordés, nous sommes arrivés à garder un son aussi léger que possible. Peut-être est-ce parce qu’en vieillissant on ressent moins la nécessité d’enrober les choses ».

Osez donc vous approcher des Grizzly Bear qui joueront le 16 octobre prochain à l’Olympia, Paris.