Comme un rêve éveillé

Superorganism « Superorganism » (Domino Records)

 La jeune Orono (à gauche) avec ses complices de Superorganism. Photo Jordan HUGHES

La jeune Orono (à gauche) avec ses complices de Superorganism.
Photo Jordan HUGHES

Cet album est un amusement permanent, recueil de mélodies somptueuses, truffées de bruits incongrus qui donnent le tempo. Il est l’œuvre d’un collectif de musiciens venus d’Angleterre, Japon, Nouvelle-Zélande, Corée et Australie, qui ont d’abord collaboré via internet en envoyant chacun leur contribution pour étoffer des morceaux ébouriffants. Jusqu’à ce qu’ils se décident à emménager dans une maison de Londres où les colocataires se sont trouvé un nom tout indiqué : Superorganism.

Déjà une belle histoire, qui devient étonnante quand on découvre que la jeune chanteuse Orono —qui fait le sel de la formation— a rejoint le groupe sur le tard. Encore lycéenne, elle s’était présentée aux autres à l’issue d’un concert au Japon. Impressionnée par le charisme de la demoiselle, la bande avait gardé le contact. Quelques mois plus tard, la joyeuse troupe envoyait les démos de l’album en gestation, lui demandant de poser sa voix et ses textes dessus. Bingo !

La première livraison sur les réseaux, « Something For Your M.I.N.D. », fait un carton. L’audace y prend le pouvoir, emmenée par la voix languide et désabusée d’Orono. « Nai’s March » poursuit le morceau sur l’album, au milieu de sons de jeux vidéo des années 1980 sur lesquels semble chanter Donald, pour ne pas dire un canard. Chaque titre est un monument de pop acidulée où se glissent des rires d’enfants (« Nobody Cares »), le cliquetis de caisses enregistreuses (« Everybody Wants To Be Famous »), et même des explications pour mieux comprendre ce super organisme (« Une créature composée de multiples individualités », dit la chanson « Sprorgnsm »).

L’insomniaque « Night Time » conclut cet album de rêve qui incite à tout, sauf à se coucher.