Aux soldats de la Grande Guerre

• Baptiste W. Hamon « Ballade d’Alan Seeger. Chansons sur la Grande Guerre » (Midnight Special Records)

 Baptiste W. Hamon s’est inspiré des carnets de soldats de l’Angevin Louis Hamon. Photo Frank LORIOU

Baptiste W. Hamon s’est inspiré des carnets de soldats de l’Angevin Louis Hamon.
Photo Frank LORIOU

« Comme la vie est belle ». C’est par la grâce de cette chanson, en duo avec l’Américain Bonnie Prince Billy (les connaisseurs apprécieront), que nous avions découvert Baptiste W. Hamon. Le morceau figure sur l’indispensable « L’Insouciance », présenté comme son premier album et sorti en 2016. De l’insouciance, il en faut pour prétendre jouer de la country américaine en français.

Le téméraire Baptiste avait déjà fait parler de lui en 2014 quand il avait publié une poignée de chansons racontant le drame des soldats de la Grande Guerre. Quatre ans après, ces histoires de 14-18 ressortent en vinyle et sur tous les supports, enrichies d’un duo avec Cléa Vincent, l’étourdissante « Chanson de Craonne ». Chantée par des soldats français entre 1915 et 1917, elle fut interdite par le commandement militaire qui la censura alors en raison de ses paroles antimilitaristes.

« Ballade d’Alan Seeger (Chansons sur la Grande Guerre) » a pris sa source à Angers quand le jeune homme a déniché un manuscrit de son arrière-grand-père, Louis Hamon, qui tenait un tabac-charcuterie au bas de la rue Montesquieu dans le quartier de Belle-Beille. L’aïeul, que Baptiste W. Hamon n’a pas connu, racontait dans ses carnets la vie, et la mort, des soldats dans les tranchées. « Hindenburg », qui puise dans ces écrits, serre le cœur : « Ben mon gars, j‘crois que j’vais rejoindre Eugène tu vois / Des bouts de ferrailles se sont plantés dans mon gras ».

Alan Seeger était quant à lui un poète américain mort au combat près du village de Misery dans la Somme en octobre 1916, raconte Baptiste Hamon dans le livret qui accompagne « La Ballade… ». Il écrit aussi cette phrase : « Il est l’oncle du folk-singer Pete Seeger ». Sans doute la clé de sa passion pour la musique de là-bas qui ne trahit pas qui il est ici.