​Annie Clark, Electric lady

ST. Vincent « Masseduction » (Caroline International)

 Annie Clark a choisi comme nom de scène St. Vincent en hommage au poète Dylan Thomas mort dans l’hôpital du même nom. Photo Nedda AFSARI

Annie Clark a choisi comme nom de scène St. Vincent en hommage au poète Dylan Thomas mort dans l’hôpital du même nom.
Photo Nedda AFSARI

La musique est décidément affaire de pochette. Après les sœurs Ibeyi à propos desquelles nous écrivions la semaine dernière qu’elles s’étaient pliées en quatre pour la leur, voici Annie Clark, alias St. Vincent, de dos qui s’y penche, en talons aiguilles et juste-au-corps panthère. Sur fond rose. Une réussite. Comme le disque que cette jaquette abrite.

Annie Clark et St. Vincent ne font qu’une. A la ville, elle est une jeune femme qui partage des romances avec des stars hollywoodiennes (Kirsten Stewart, Cara Delevingne…) ; sur scène et en studio, elle est une musicienne qui excelle à la guitare et assène des solos autant qu’elle peut. Rock, pop, funk… elle est une virtuose, directe héritière de Prince.

Son dernier album « Masseduction » est comparé au « Let’s Dance » de David Bowie, quand ce dernier avait décidé au milieu des années 1980 de plaire au plus grand nombre. Il a été enregistré à Manhattan à l’Electric Lady Studio, fondé par Jimi Hendrix, autre immense guitariste. Sans doute pas un hasard, tant le nom va comme un gant à Annie Clark.

Qu’ils pétrissent le cœur (« Happy Birthday, Johnny », « New York », « Hang On Me ») ou donnent de l’entrain (l’étourdissant « Pills » avec Cara Delevingne qui chante le refrain, « Los Ageless »), les morceaux de ce disque ont ce pouvoir d’attraction qui fait qu’on a envie d’y revenir sans cesse.

Notons encore que le saxophoniste Kamasi Washington est de la partie. Ce qui nous ramène aux sœurs Ibeyi qui elles aussi ont à cœur de réhabiliter l’instrument star des années 1980 mais honni par la suite.